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Histoire


  • Histoires et Origines de la Coutume ?

Aucun document n'a jusqu'à présent été découvert prouvant l'origine exacte du premier Caudia. Toutefois nous retrouvons des textes édités par des sympathisants ou des journalistes de ce rite régulièrement.
Les explications quant au sens de cette cérémonie sont aussi nombreuses que variées. En voici quelques unes parmi les plus plausibles :
  • Mutation catholique de fêtes solsticiales druidiques (culte de l'arbre) qui consacraient les jeunes guerriers ?
  • Repas offert par le seigneur local à l'occasion de la perception de la dîme ?
  • Repas offert aux mères de familles plaçant leurs enfants sous la protection de St Jean ?
  • ...
Les voici plus en détails :

 Source Texte
 Walter Thibaut, (entre deux guerres), Journaliste socialiste dans le magazine "AZ"
Les archives de l'abbaye des Prémontrés signalent que le Pape Grégoire III (pontificat de 731 à 741) ordonna l'établissement du culte catholique à Saint-Vaast où florissait la religion druidique.
Des fouilles firent découvrir, paraît-il à Saint-Vaast et à Fayt-Lez-Manage, des traces indiscutables de cette religion.

Se basant sur ces faits, certains auteurs prétendent que le chaudeau ne serait qu'une réminiscence des fêtes solsticiales des druides, données à l'occasion de la consécration de jeunes guerriers que l'on faisait courir parmi les brandons ardents.

Les catholiques d'alors en assimilant la religion de nos ancêtres auraient donné aux fêtes solsticiales, le caractère que nous leur connaissons aujourd'hui.

 Walter Thibaut, (entre deux guerres), Journaliste socialiste dans le magazine "AZ"
Vers l'an 1300, le seigneur de Boussoit à qui appartenait Bois-d'Haine dut renoncer à cette dernière terre au profit des moines prémontrés.

La dîme fut perçue par les moines de la paroisse de Fayt. Le jour du paiement de cet impôt, le lundi et le mardi de la Saint Jean, les prémontrés organisaient un déjeuner pour les gens de Bois-d'Haine.

La fête se déroulait sous un immense marronnier à proximité d'une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste.

Walter Thibaut cite Victor Hoyaux
...une continuité... ?

La dîme ayant été abolie après la tourmente révolutionnaire et libératrice de 1789, les villages n'en étaient guère fâchés.

La famille Delval, ancienne famille de Bois-d'Haine ne voulut point laisser tomber dans l'oubli la cérémonie de la bouillie sous le marronnier que les seigneurs des lieux n'offraient plus puisqu'il ne recevaient plus la dîme.

A la Saint Jean-Baptiste, patron du village, les Delval se mirent en quête de lait, pain, sucre, bois, et cetera ...

A la soirée, tous les habitants furent convoqués sous le marronnier de la Grand'Place (actuellement Place Roi Baudouin) où le célèbre "brouet" appelé "Caudia" fut préparé et servi à chacun dans l'allégresse générale.

 "Le Centre", édité à l'occasion du centenaire de la Belgique

...Cette coutume, "le Caudia", date de 1411. A son origine elle consistait dans la délivrance gratuite de bols de lait chaud avec sucre et mastelles aux nombreuses mères de famille qui venaient mettre leurs enfants sous la protection de Saint Jean, patron de Bois-d'Haine.

Après 1715, la fête abandonna lentement son caractère religieux et se célébra le mardi suivant le 24 juin. Le Chaudeau est en quelque sorte le point central de réjouissances publiques organisées à l'occasion de la fête annuelle.

 ?
Autrefois, le mardi de la fête communale, chaque famille se réunissait à la table de son chef et y mangeait la soupe au lait traditionnelle ; peu à peu cette coutume s'altéra et ce repas d'intime et de privé qu'il était au début devint public.

On voyait alors tout le monde assister à la messe et manger, l'office terminé, la soupe en commun sur la grand-place.

Enfin, par la suite, cette cérémonie subit encore certaines modifications et se fit à la tombée de la nuit. Quelle que soit l'origine de cette cérémonie, elle est très populaire à Bois-d'Haine et attire chaque année une foule considérable.

Le campagnard avec son aspect caustique l'a baptisée du nom de "Chaudia" (chaude eau) voulant sans doute affirmer par-là qu'il n'est pas dupe de certaines supercheries employées dans des moments de presse et de grande affluence de monde
.


  • Age de la Coutume ?

Aucun document n'a jusqu'à présent été découvert prouvant la date exacte du premier Caudia.

Cependant :

  • L'ouvrage "Le Centre" édité à l'occasion du centenaire de notre pays (1930) mentionne la date de 1411.
  • L'incrémentation annuelle du compteur : d'année en année, pour chaque cortège ayant effectivement lieu, nous ajoutons une édition au compteur perpétuel du nombre de Caudia ayant eu lieu. Ainsi, pour 2011, alors que notre coutume devrait avoir 600 ans (?), notre compteur affiche 595 éditions. Cet écart peut s'expliquer par des années de désuétude pendant les guerres ou autres famines ?

Affiche du Caudia à la fin XIXème siècle (1897 ?)
  • Descriptif de la Coutume ?

Quelques personnes s'y sont intéressées et nous rapportent ce qu'elles y ont vu :

 Source Texte
 Texte de M. Harou (1887)

Bois-d'Haine a une fête carnavalesque qui de temps immémorial s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Le caractère de la fête rappelle ces exhibitions burlesques dont le moyen âge avait le secret. Comme elles, elle a ses dignitaires, son maître de cérémonie, ses musiciens qui tous s'affublent d'un costume  plus ou moins grotesque.

Le samedi, veille de la fête communale, sur un char festonné de guirlandes et traîné par deux vigoureux chevaux apparaît une troupe de musiciens, escorté d'un maître de cérémonie, de dignitaires de différents rangs et de toute la jeunesse de l'endroit qui s'achemine dans des accoutrements bizarres et au son d'une joyeuse fanfare vers le bois de courrière (Familleureux).
Là, un magnifique bouleau rapidement abattu est hissé sur le char et ramené triomphalement à Bois-d'Haine où, le soir même, il fera le plus bel ornement de la place.
Cette cérémonie n'est que le prélude des réjouissances dont Bois-d'Haine sera le théâtre le mardi suivant.

Ce jour là, dès l'aube, les jeunes gens dans des costumes où le bon goût n'a rien à voir, parcourent les communes environnantes, musique en tête, quêtant quelque offrande pour la fête du soir. L'escarcelle remplie à souhait, la bande joyeuse fait sa rentrée à Bois-d'Haine et se livre aussitôt aux apprêts d'un repas pantagruélique auquel le public est convié.
L'attente n'est pas longue et bientôt on voit se balancer aux branches d'un marronnier séculaire d'énormes marmites remplies de lait et de biscuits que les flammes d'un brasier ont rapidement surchauffées.
La soupe cuite à point, les marmites sont transportées au son de la musique, au milieu des cris de joie de la foule et des arquelinades sans nom des organisateurs, sur un kiosque élevé à proximité et la distribution commence.

Dire les poussées formidables, les cris, les hurlements dont cette distribution est accompagnée serait chose inénarrable, on s'en fera cependant une idée en songeant aux spectacles populaires de nos grandes villes.

 Texte de M. Walter Thibaut, (entre deux guerres), Journaliste socialiste dans le magazine "AZ"

... Il nous souviens - c'était la guerre - de la semaine précédant Saint-Jean. Les voitures foraines qui remorquaient des haridelles, s’installaient sur  la place de l’Église. Marchands de croustillons, tir à la carabine, plantent leurs modestes "métiers" qui, trois jours durant, égayaient la jeunesse. Courant et gambadant sous les roulottes, les garnements, en dépit des sages conseils et des menaces des parents, jouent à cache-cache, non sans escalader quelques murs, tirer quelques sonnettes, ou même au risque de se tuer, saute la grille du cimetière...
...Cette ducasse annuelle, connue à plusieurs lieues à la ronde est très fréquentée surtout le mardi de la Saint Jean à cause du "Caudia".

Le matin, les jeunes gens, portant pantalon blanc et ceinture rouge, précédés d'une musique endiablées, parcourent la commune récoltant l'argent destiné à l'achat des mastelles et du lait. Jadis, des cavaliers aussi nombreux que pittoresques les accompagnaient. Le soir venu, le cortège rentre. Les curieux s'assemblent autour du marronnier où sont suspendus les chaudrons contenant du pain et du lait. Bientôt, les flammes joyeuses s'élèvent, la bouillie est cuite et distribuée à tous les assistants. Jadis, au temps de Jean Bastien, grand ordonnateur du chaudeau, la cérémonie avait l'allure d'un rite. Pendant un demi siècle, ce brave homme présida à ses agapes villageoises et l'on peut dire que ce fidèle gardien de la tradition donnait à ses fonctions un relief incontestable.
Malheureusement aujourd'hui le Chaudau (sic) est quelque peu délaissé. Prise par d'autres plaisirs, la jeunesse ne s'intéresse plus guère à ces fêtes.Espérons que grâce aux anciens du village, qui voient péricliter ce qui fut la gloire de la région, la vieille tradition ressuscitera plus vivante que jamais.

 Roger Pinon, Les traditions wallonnes, dans "Wallonie.Atouts et références d'une Région" (sous la direction de Freddy Joris), Gouvernement wallon, Namur, 1995.
Préparation du "chaudeau" à Bois-d'Haine à la Saint-Jean de 1955

Le caudia est une sorte de lait-de-poule apprécié en Hainaut, mais produit ici à partir de lait, sucre et mastelles obtenues par la jeunesse qui va quêter jusqu'au crépuscule de ferme en ferme dans la commune et aux environs et ce, au son d'une musique et de tambours. La quête terminée, une dizaine de cavaliers aux montures ornées de banderoles multicolores vont rechercher les quêteurs et les ramènent sous un vénérable marronnier où l'on suspend deux chaudrons au moyen d'un joug par-dessus un feu de fagots. Les quêteurs s'habillent alors en marmitons, produisent le chaudeau, en portent un pot au curé, puis tout le monde se précipite avec un récipient vers le breuvage apprécié. Il y a en outre un comité en sarrau, un char de jeunes filles costumées en paysannes, musique, chants et légende faisant remonter la célébration à 1411.

 "Terres et Gens de Wallonie", de A. Jacquemin
Le soir de la Saint-Jean, jour de grande "ducasse", les jeunes gens recueillent dans les fermes de la région le lait qui leur est nécessaire pour les proches libations publiques.

Pendant ce temps, d'autres ont délimités, à l'aide de cordes et de pieus, une grande enceinte autour du marronnier et ont attaché aux basses branches de l'arbre un palonnier, aux deux extrémités duquel deux grands chaudrons sont suspendus par d'énormes chaînes.

Vers 21 heures, arrive dans l'enceinte' un cortège burlesque portant processionnellement le lait recueilli et amenant, à la manière d'un pontife ou d'un triomphateur, le cuisinier hissé sur une pièce de bois que portent sur les épaules quatre solides gaillards et entouré par une série de marmitons; des jeunes gens travestis et des musiciens mettent leur entrain dans ce cortèges qui fait deux fois le tour intérieur de l'enceinte, repart trois fois en dehors pour aller chercher dans la localité les fagots qu'il faut pour le foyer ainsi que le pain, les mastelles et d'autres matières indispensables pour fabriquer le "Caudia", c'est à dire le contenu du chaudron.

Tout étant ainsi réuni, sous les yeux d'une foule grossissante de spectateur, on dispose et allume un bûcher sous les deux chaudrons; le lait a été versé dans ceux-ci et le cuisinier y mélange, avec l'onction d'un officiant, les mastelles et les miches; cette opération évocatrice d'un rite lointain, qui devait correspondre au moment le plus émotif de la cérémonie de communion, est ici solennisée par l'exécution … d'une Brabançonne par le corps de musique.

Une demi-heure après, le "Caudia" est confectionné; le cortège se reforme pour aller, en grande pompe, porter une soupière de la … soupe au lait au curé du village, qui n'a évidemment pas assisté à une cérémonie aux attaches si païennes, et une autre au bourgmestre, à moins qu'il n'ait participé à la confection.

Entretemps le public a été admis à prendre part au festin et les écuelles circulent à la ronde et se remplissent. Mais déjà, au carrefour proche, un orchestre de danse appelle filles et garçons …


  • Chaudeau ? Qu'est-ce ?

Le chaudeau, s'il est chez nous un folklore et une tradition, est définit comme un breuvage, un met, un repas.

On peut retrouver ici, différentes : Définitions et Recettes


  • Chaudeau ou Caudia ?

Étymologie du mot Caudia